Le soutien financier, peu importe sa provenance, apparaît crucial dans l’accessibilité, la persévérance et ultimement la réussite des projets d’études aux cycles supérieurs (CUSC/CCREU, 2021). Depuis plusieurs mois, voire des années, différents groupes formulent des revendications pour hausser le financement de la recherche et mieux soutenir la relève scientifique : le comité consultatif sur le système fédéral de soutien à la recherche, l’Union étudiante du Québec et le comité permanent de la science et de la recherche, pour ne nommer que ceux-ci. 

Au Québec, les bourses des organismes subventionnaires pour la maîtrise et le doctorat ne couvrent pas la durée moyenne réelle des études (Gouvernement du Québec, 2020). Pourtant, au doctorat, le taux de diplomation est à son maximum lorsque la personne étudiante se consacre entièrement à son projet de formation (Bonin, 2021), d’où l’importance d’un financement pour la durée totale des études. 

La rédaction de demandes de bourses ou l’obtention de contrats d’assistanat de recherche ou d’enseignement représentent des occasions de financer ses études et contribuent à la socialisation au métier de chercheur et chercheuse (Déri, 2022). À ce titre, la direction de recherche occupe « un rôle central dans la recherche de financement, que ce soit en offrant une bourse ou un salaire à même ses subventions de recherche, en écrivant des lettres de recommandation pour ses protégés ou simplement en enseignant l’importance des bourses d’excellence et la meilleure manière de monter un dossier convaincant pour en obtenir une » (Gemme et Gingras, 2006, p. 41). 

Si l’obtention de contrats auprès de sa direction de recherche constitue une forme de soutien financier indéniable (AELIÉS, 2018), il en résulte parfois des conséquences qui peuvent s’avérer néfastes, tel que des difficultés dans la relation entre une direction de recherche et la personne étudiante (Bégin, 2018) ou un rallongement de la durée des études (Jutras et al., 2010). De la même façon, l’obtention de bourses ne saurait à elle seule assurer la réussite d’un projet d’études aux cycles supérieurs (AÉLIES, 2018). Via le soutien des pairs et leur contribution à la socialisation du métier de chercheur et chercheuse, les personnes étudiantes aux cycles supérieurs peuvent améliorer leurs chances de se rendre au bout de leur projet (Déri, 2022). 

« Ceux qui bénéficient de soutien institutionnel, notamment sous la forme de financement et d’un lieu de travail, qui sont encadrés par une directrice ou un directeur encourageant et qui évoluent dans un climat positif où ils sont entourés de pairs traversant les mêmes épreuves ont beaucoup plus de chances de compléter leur doctorat que ceux qui n’ont pas accès à ces ressources. » (Gemme et Gingras, 2006, p. 25) 

Le 8 mai 2024, l’Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES) propose un webinaire qui vise à :  

  • mieux saisir l’importance d’obtenir du soutien dans la recherche de financement pour le projet d’études des personnes étudiantes aux cycles supérieurs. 
  • offrir des conseils et des outils pour bien entamer et achever le processus de rédaction de demandes de bourses. 

Cette activité est destinée à toute personne étudiante inscrite ou envisageant s’inscrire aux cycles supérieurs ainsi qu’au personnel gravitant autour de ces personnes, que ce soit au niveau de la direction de recherche ou des services d’aide financière ou de soutien aux personnes étudiantes. 


Panélistes

Christian Bégin

Christian Bégin

Professeur au Département de didactique à l’Université du Québec à Montréal 

Christian Bégin intervient depuis 1995 auprès de la population étudiante de maîtrise et de doctorat ayant des problèmes de production ou de progression dans leurs études. Il a mis sur pied de nombreux ateliers servant à les outiller pour réussir les défis qui les attendent. Il donne aussi depuis 25 ans des ateliers de formation et des conférences sur l’encadrement aux cycles supérieurs destinés aux directions de recherche qu’il a présentés dans les universités du Québec et ailleurs dans la francophonie. En 2018, il a publié « Encadrer aux cycles supérieurs : Étapes, problèmes et interventions » aux Presses de l’Université du Québec (PUQ) qui décrit les étapes du processus d’accompagnement, les problèmes liés à chaque étape et les façons de les éviter, de les contourner ou de les résoudre. 

Marie-Ève Routhier

Marie-Ève Routhier

Agente de recherche et de planification à la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université Laval

Détentrice d’un baccalauréat en communication organisationnelle, Marie-Eve Routhier possède une expérience professionnelle de plus de 17 ans à l’Université Laval. Elle occupe actuellement le poste d’agente de recherche et de planification à la Faculté des études supérieures et postdoctorales. Son domaine d’expertise se concentre sur la gestion des programmes de bourses et des études aux cycles supérieurs. Ses activités professionnelles l’amènent à collaborer activement aux travaux des comités de sélection pour divers concours de bourses de maîtrise et de doctorat. Fortement engagée dans la réussite étudiante, elle exerce également un rôle-conseil auprès de la direction de l’Université Laval sur les questions du soutien financier et des mesures d’appui à la réussite aux cycles supérieurs.  

Justine-Anne Rowell

Justine-Anne Rowell

Directrice générale de Thèsez-vous ?

Candidate au doctorat en administration à HEC Montréal et titulaire d’une maîtrise en chimie de l’Université de Montréal, Justine-Anne Rowell est actuellement directrice générale chez Thèsez-vous ?, un organisme dont la mission est de soutenir les étudiantes et étudiants aux cycles supérieurs et les chercheur·e·s dans la rédaction académique. Dans le cadre de ses travaux de recherche, Justine-Anne s’intéresse notamment aux défis et enjeux de gestion liés à la recherche universitaire, à la managérialisation de l’université et à ses impacts sur le travail académique. Plus spécifiquement, ses recherches portent sur les pratiques et les discours qui contribuent à la reproduction de la culture managériale au sein de l’université, ainsi qu’aux mouvements de résistance, comme le slow scholarship, qui émergent au sein des universités en réponse au managérialisme. 

Références

AELIÉS. (2018). Mémoire sur l’encadrement aux cycles supérieurs. Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS). AELIES_Memoire_sur_lencadrement_2018.pdf (ulaval.ca) 

Bonin, S. (2021). Quel est l’impact du travail rémunéré durant les études de baccalauréat ? Université du Québec. https://docutheque.uquebec.ca/id/ eprint/80/1/Note_heures_trav_BAC_ICOPE_aout_2021.pdf 

CUSC/CCREU. (2021). Enquête de 2021 auprès des étudiants de dernière année. Canadian University Survey Consortium/Consortium canadien de recherche sur les étudiants universitaires. https://cusc-ccreu.ca/?page_id=207&lang=fr 

Déri, C. (2022). La socialisation des doctorants au métier de chercheur : Étude de cas d’une communauté d’apprentissage dans le contexte des cafés de rédaction universitaire [thèse de doctorat, Université d’Ottawa]. Thèses uOttawa. https://ruor.uottawa.ca/server/api/core/bitstreams/4a5e9cd4-88b7-402e-adc8-e9d6bc441845/content 

Gemme, B. et Gingras, Y. (2006). Les facteurs de satisfaction et d’insatisfaction aux cycles supérieurs dans les universités québécoises francophones. Revue canadienne d’enseignement supérieur, 36(2), 23-47. https://journals.sfu.ca/cjhe/index.php/cjhe/article/view/183538/183483 

Gouvernement du Québec. (2020). Taux d’obtention d’un diplôme universitaire. Baccalauréat, maîtrise et doctorat. Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. http://www.education.gouv.qc.ca/fileadmin/site_ web/documents/enseignement-superieur/universitaire/Taux-obtentiondiplome-univ-Methodologie.pdf 

Jutras, F., Ntebutse, J. G. et Louis, R. (2010). L’encadrement de mémoires et de thèses en sciences de l’éducation : enjeux et défis. Revue internationale de pédagogie de l’enseignement supérieur, 26(1). http://ripes.revues.org/333